Deux hommes et une femme dans la vingtaine sont assis autour d’une table à café. L’un des deux hommes veut prouver que la « puissance » combinée des trois cellulaires disposés sur la table autour de quelques grains de maïs peut carrément les faire cuire en quelques secondes et les faire exploser comme dans un micro-onde. L’idée vous semble farfelue ? Quoi de mieux pour le croire… que de le voir ? Et tiens, tiens… il y a justement une quatrième personne, caméra à la main, pour filmer le tout. Évidemment, l’expérience est concluante… et la simulation des « comédiens » des plus convaincante.
Voici en quoi consiste la vidéo de 45 secondes destinée à faire mousser la vente d’oreillettes pour cellulaire qui a fait le tour de la planète et qui a été vue par des millions et des millions de personnes. Remarquez, je ne l’aurais peut-être jamais vue, ni même jamais entendu parler de ladite vidéo si nos médias traditionnels ne se faisaient pas aussi souvent le relais par excellence du nouveau marketing viral. Quoi en dire ? Disons que tant que la chose fascinera, elle sera d’intérêt public, au grand plaisir des concepteurs de publicités virales d’ailleurs. Car l’exploit ultime dans le domaine n’est-il pas que les grands médias se mettent eux-aussi de la partie ?
S’ils sont nombreux à s’enthousiasmer du phénomène, il y en a peut-être autant qui demeurent plutôt perplexes face à cette nouvelle façon de vendre et de convaincre. D’abord, il y a ceux, un peu grincheux, qui se demandent comment il est possible de perdre autant de temps à visionner autant d’idioties et, de surcroît, à les répandre comme un cancer qui se généralise. Peut-être que ceux-là ont une vision un peu trop négative, voire méprisante, du phénomène. Ensuite, il y a ceux qui se questionnent sur le côté éthique de produire des vidéos qui, à première vue, semblent être destinées à divertir alors qu’en bout de ligne, leurs producteurs sont animés par le désir de vendre ou de faire connaître une marque. La ligne entre, d’une part, la vidéo amateur sans prétention et sans arrière-pensée commerciale, et, d’autre part, la publicité en bonne et due forme, peut devenir plus que mince dans le Web 2.0; elle peut carrément disparaître.
À suivre…