2009
Pauvre église catholique! Sa réputation est aux portes de l’enfer…
Voyons un peu…
Un évêque brésilien, digne représentant de l’église et du pape, vient d’excommunier les médecins et la mère d’une fillette de neuf ans qui s’est fait avortée après s’être faite violer par son beau-père. Vous vous rendez compte du jugement de l’évêque en question! Parce que le droit canon est sans équivoque. Qui procure un avortement, si l’effet s’en suit, encourt l’excommunion. Alors, ce cher évêque sévit de toute sa sagesse!
Nos églises se sont vidées au cours des 30 dernières années, parce que l’Église catholique et ses représentants sont incapables de faire face aux changements et de se moderniser. En 2009, l’Église condamne encore le port du condom, l’avortement et interdit aux femmes d’embrasser le sacerdoce.
Cher Benoît XVI, comment voulez-vous ramener les fidèles au bercail quand vos représentants s’entêtent à détruire la réputation de l’église et de la religion catholique?
- le 2 avril 2009 à 9 h 43 min -
Reprocher aux catholiques d’être catholique
L’excommunication des médecins et de la mère d’une fillette de neuf ans victime de viol au Brésil et dont la grossesse fut interrompue par un avortement a fait coulé beaucoup d’encre. En gros, les commentateurs, analystes et experts de l’image publique reprochent à l’Église catholique… de respecter les préceptes de l’Église catholique (et/ou de ne pas les adapter au goût du jour). Certes, l’implication d’une fillette victime de viol rend le sujet fort délicat et les émotions peuvent rapidement prendre le dessus. Je vous rassure donc tout de suite, je ne suis pas d’accord avec cette excommunication. En fait, je ne suis pas pratiquant et je ne crois pas en Dieu.
Mais là ou je tiens à partager mon désaccord est au niveau du besoin, voir de la pertinence, pour une Église plus que millénaire de faire de véritables relations publiques. Les relations publiques, comme son nom l’indique, implique l’établissement d’une relation, donc d’une communication bidirectionnelle plus ou moins asymétrique. Les entreprises et autres organisations collectent des informations sur les valeurs de ses publics et prennent en considération ces informations pour produire des communications qui séduiront ces mêmes publics. Ainsi, le Vatican devrait-elle retenir les services d’une firme de relations publiques ?
D’emblée, précisons une chose que peu de Québécois semble savoir. Entre 1978 et 2004, soit en l’espace de 26 ans, le nombre de catholiques dans le monde a augmenté de 45 % pour atteindre 1 098 000 000 fidèles. Le continent africain est résolument de plus en plus catholique. Le nombre de fidèles y a presque triplé, passant de 55 millions en 1978 à presque 149 millions en 2004. Entre 1978 et 2004, la situation en Asie et en Amérique s’est révélée également positive pour l’Église avec, respectivement, 49,7% et 79,6% de fidèles en plus. Sachant ces statistiques, lesquels sont nullement contestées, les Québécois, et ce bien qu’ils constatent que leurs églises se vident, devraient arrêter de s’inquiéter (ou de se réjouir) : la désaffection des Occidentaux modernes ne met pas en péril la survie du Vatican, ni même son influence dans le monde.
Certes, avec notre droit aux mariages gais et notre taux élevé d’avortements, le Canada est sur la « liste noire » du Vatican . Mais allons donc ! Croyez-vous vraiment qu’avec le nombre de fidèles qu’elle a dans le monde entier, l’Église catholique se pliera aux volontés des Occidentaux modernes ? Ces derniers croient-ils vraiment que Benoît XVI se lancera dans un Vatican III sachant, qui plus est, que Vatican II s’est avérée être une expérience peu constructive pour l’Église ? En effet, Vatican II n’a pas réussi à stopper l’hémorragie que la révolution des mœurs entamée dans les années 1950 a provoquée. Pire, certains croient que l’abandon de certains préceptes a envoyé un message contradictoire aux fidèles, en ce sens qu’on leur disait la veille une chose et le contraire le lendemain. D’ailleurs, je crois que le courant conservateur qui a porté Benoît XVI à la tête de l’Église s’inspire des échecs relatifs de Vatican II. Ce courant conservateur affirme d’ailleurs à peu près la chose suivante : « Qui sommes-nous, pauvre brebis de Dieu, pour remettre en question des valeurs et des préceptes que nous prônons depuis des siècles et des siècles ? Devons-nous tout chambouler seulement parce que certains Occidentaux modernes ont changé leur fusil d’épaule depuis quelques décennies à peine ? ». C’est l’essence même du conservatisme.
Comprenons donc la chose suivante : l’Église catholique N’EST PAS une organisation ou une entreprise comme les autres. C’est une institution spirituelle qui prône des valeurs et une façon de vivre. Je vous pose d’ailleurs la question qui suit : quel est la valeur d’un enseignement spirituel qui change à toutes les décennies selon la mode ou le goût du jour ? Posez la question, c’est aussi y répondre.
Pour terminer, voici les choix qui s’offrent à nous. Si l’on est catholique et croyant et que l’on trouve inacceptable l’attitude de l’Église actuellement, on peut tout simplement renier sa foi ou attendre qu’un pape plus progressiste prenne la relève. Si l’on n’est pas catholique ou non croyant… et bien j’imagine qu’on peut critiquer l’Église catholique autant qu’on le souhaite. Mais par rapport à cette dernière position, de deux choses l’une. D’abord, voulons-nous vraiment que l’Église change ? Autrement dit, si elle stoppait ses excommunications controversées, retourneriez-vous vraiment à l’église à chaque dimanche ? Je ne crois pas. Et ça, l’Église le sait très bien. Ensuite, dans la mesure où l’on ne se considère plus du tout comme étant catholique, est-il logique de reprocher aux catholiques… d’être catholique ?
Croyez-vous que l’Église catholique, avec son milliard de fidèles (ce qui en fait l’Église la plus importante sur Terre en nombre de fidèles !!!) craint de disparaître ? Arrêtons de voir le monde entier uniquement avec nos yeux d’Occidentaux modernes. Car lorsque je regarde les nouvelles à la télé et que je les lis dans les journaux, je n’ai pas l’impression que nous ayons découvert toute la vérité sur l’atteinte du bonheur. Je ne crois pas non plus que nous ayons des leçons à donner à qui que ce soit.