Tiger Woods en phase de reconstruction

Rarement un fait divers concernant les relations extraconjugales d’un sportif aura fait autant de bruits. Il faut dire qu’il s’agit ici de l’un des sportifs les plus célèbres au monde et que ses exploits en ont fait une personnalité connue bien au-delà du monde du golf. On peut aussi dire que la nature des gestes reprochés à M. Woods, et l’empressement de certaines de ses anciennes «copines» à tirer profit de ses déboires, ont contribué à rendre les événements  encore plus spectaculaires.

Paradoxalement, la panoplie d’experts en gestion de crise et de faiseurs d’image invités par les médias pour les commenter a également contribué à l’emballement collectif. En effet, chacune des sorties du golfeur devant la presse étaient scrutées à la loupe, disséquées et analysées sous tous les angles possibles et imaginables, faisant de chacune de ces sorties un événement surréaliste où la moindre erreur devenait le principal élément à retenir.

Les opinions à savoir si M. Woods à bien gérer la crise varient. Mais s’il y a une chose sur laquelle la plupart des gens s’entendent, c’est que l’étape de la reconstruction de son image passera principalement par ses performances sur le terrain. Ainsi, il est habituellement plus simple, mais pas nécessairement plus facile, pour un sportif comme M. Woods de refaire son image que cela ne l’est pour une entreprise ayant causé une catastrophe naturelle majeure ou ayant été reconnue coupable de fraude comptable.

En fait, ce qui est le plus complexe pour des célébrités dans la tourmente comme M. Woods, c’est plutôt la nature imprévisible et parfois très personnelle des crises qui les frappent dans les sphères mêmes les plus intimes de leur vie. À cet égard, je crois que l’on peut s’en remettre à René Descartes qui, à une époque où les médias n’étaient pourtant pas aussi omniprésents, décrivait avec justesse et élégance ce en quoi consiste la rançon de la gloire : «Je crains plus la réputation que je ne la désire, estimant qu’elle diminue toujours en quelque façon la liberté et le loisir de ceux qui l’acquièrent.» (Discours de la méthode, publié en 1637).

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Posté par Vincent Galipeau
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