2010
L’idiot du village global
Dans Un trou dans les nuages, Michel Rivard chante : « Au village ils ont ri, mais ils ne riront pas, quand je m’envolerai… ». Si l’idiot du village de l’auteur-compositeur-interprète québécois croyait un jour s’envoler, on peut dire que la notoriété du pasteur américain Terry Jones, elle, a littéralement décollé et fait le tour du monde en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire. Et il n’y a pas de quoi rire, en effet.
En cet ère d’information ultrarapide et planétaire, qu’un illustre inconnu devienne une célébrité mondiale du jour au lendemain n’est pas une nouveauté. Il faut dire que l’affaire Terry Jones s’inscrit également dans la foulée des relations tendues et très médiatisées entre une partie de la population américaine et certaines communautés musulmanes, notamment autour du projet de centre communautaire proche de Ground Zero.
La question suivante se pose : Est-ce normal qu’une «crise» planétaire soit déclenchée parce qu’un seul individu, de toute évidence perturbé, décide de poser un geste irréfléchi? Étant donné la complexité de l’univers médiatique dans lequel nous vivons, il m’apparaît difficile de juger de ce qui est «normal» ou pas. Mais une chose est sûre, si nous vivons dans un village global, les médias ont choisi comme idiot du moment un pasteur qui n’avait qu’une cinquantaine de fidèles.